Depuis la fin des années 50 …

Nous sommes en septembre et, comme partout, c’est la rentrée des classes. Les élèves pionnières reviennent à l’école après deux mois de vacances ; elles attendent en rangs et en uniforme leurs nouvelles titulaires, , des Sœurs et des enseignantes fraîches émoulues de l’Ecole Normale.

Elles ne connaissent pas encore les parascolaires, ni les activités payantes, mais leurs professeurs s’attardent volontiers après les cours et, rien que pour le plaisir, organisent des matchs de volley avec elles. Le temps de midi dure alors plus d’une heure. Cela permet aux professeurs d’organiser des activités telles que danse folklorique.

En ce début d’année, elles ne reçoivent pas non plus de feuilles photocopiées mais leurs professeurs ont vite les doigts pleins d’encre bleue, à force d’avoir tourné la manivelle de la bonne vieille stencileuse, pour éviter de les faire trop copier.

L’an dernier, l’école était en construction, elles avaient cours en-dessous des tribunes du champ de courses, dans des locaux où l’une était cachée par une colonne, l’autre était assise derrière le poêle, ne distinguant rien au tableau. En hiver, le professeur interrompait ses cours régulièrement pour remettre du bois dans le poêle. Les portes fermaient mal, les carreaux étaient tellement grands que les élèves avaient l’occasion de saluer les cavaliers et les promeneurs ! Que de bonnes conditions pour arriver à travailler consciencieusement !

Heureusement, cela ne dure pas trop longtemps. Dès janvier de la première année les locaux changent de place et les cours se font dans les bâtiments néerlandophones actuels. Le déménagement est mémorable … Tous ensemble, professeurs et élèves prennent leur courage à deux mains pour transporter leur chaise et leur bureau à travers le champ de courses qui, à l’époque bien entendu, est vide de tout bâtiment. Voilà les deux classes de francophones et les deux classes de néerlandophones de 6ème humanités maintenant installées avec les classes primaires.

Petit à petit, l’école s’accroît, les bâtiments s’agrandissent et les greniers sont utilisés comme dortoirs pour les pensionnaires venant d’Heverlee. Revenons à nos pionnières. Les élèves les plus jeunes jouent à la marelle, toutes dansent à la corde, et, plutôt que de passer leurs récréations sous la pluie, certaines ont la chance de rester en classe à écouter le professeur lire une histoire. Couture et chant font partie du programme. Elles ont peut-être beaucoup moins d’heures de cours par jour, réparties en six jours, mais elles restent volontiers à l’école pour quelques heures supplémentaires, tout d’abord pour des activités comme la chorale, la danse, …, ensuite pour donner un coup de main aux titulaires qui doivent faire nettoyer la classe tous les mois. Chaque trimestre, les élèves retroussent donc leurs manches pour nettoyer leur classe à grande eau. Elles se font une grande joie d’avoir l’occasion de les aider. Elles se battraient pour pouvoir balayer la classe, pour avoir l’occasion de porter le cartable du professeur ou pour avoir l’immense honneur d’effacer le tableau. On peut remarquer ici une grande différence de mentalité.

Aujourd’hui, nous pourrions nous demander, pourquoi cette démotivation chez les élèves et cette diminution de respect face aux professeurs. Peut-être tout simplement parce que l’école passe tout doucement au second plan pour les élèves. Autant l’élève d’hier n’avait que deux domaines de prédilection : l’école et la maison (il se faisait donc un plaisir d’aller à l’école afin de découvrir et d’apprendre un maximum), autant l’élève d’aujourd’hui est beaucoup plus libre et a donc l’occasion de voyager, de sortir et d’avoir d’autres activités en dehors de l’école. Celle-ci perd alors un peu de sa valeur et de son importance. Mater Dei a toujours été réputée pour la classe, le style et la tenue correcte de ses élèves.